Il y a peu était célébré le 70e anniversaire de la mort d’un dramaturge célèbre qui a véritablement « dynamité »
le théâtre allemand :
Berthold BRECHT (1898-1956 ) poète, dramaturge et metteur en
scène.
Né à Augsburg, d’une famille bourgeoise, Brecht est mobilisé comme
infirmier en 1918. Et cette expérience de la guerre va l'amener à rejeter le patriotisme et les valeurs de la
société bien-pensante. La guerre et ses horreurs auront une grande influence sur lui. Dès 1928, il devient célèbre avec sa pièce L’Opéra de
quat’sous (die Dreigroschenoper ) qui casse tous les codes du
théâtre traditionnel allemand.
Acquis aux idées marxistes, il voit, à partir de 1930, ses pièces
interrompues par les nationaux socialistes,
l'obligeant à s’exiler en
différents pays d’Europe, puis aux États Unis pendant
la période nazie. Il ne reviendra en Allemagne qu’après 1945 pour s’installer en Allemagne de l’Est,
à Berlin, où il fonde en 1949
le Berliner Ensemble
avec son épouse Hélène
Weigel, un théâtre qui abritera la troupe qu'il a constituée.
Brecht n'a jamais voulu faire
oublier au spectateur qu’il
est dans un théâtre, mais simplement lui faire prendre
conscience de ce qu’il
regarde.
C’est
ce qu’il
appelle le «
théâtre
épique »,
opposé
au
théâtre
dramatique traditionnel. Le théâtre épique était une réaction contre d'autres formes populaires du théâtre, en particulier l'approche naturaliste.
Pour
créer un effet de distance avec ce que voit le spectateur, Brecht
utilise plusieurs procédés :
les
acteurs peuvent s’adresser
directement au public ;
des
chansons interrompent l’action
;
des
panneaux annoncent ou résument les scènes
;
les
décors peuvent rester volontairement visibles ;
l’acteur
ne cherche pas toujours à « devenir »
son
personnage ;
certaines
scènes
sont racontées plutôt
que jouées de manière
réaliste.
Le
but de Brecht n’est pas de supprimer l’émotion, il
souhaite que l’émotion n’empêche pas la réflexion.
On retrouve dans
le théatre de Brecht des influences marxistes certes, mais
aussi celles du
théâtre
chinois, du cabaret, de la musique populaire et des avant-gardes
européennes.
Source : en collaboration avec Jean Belliato