mercredi 18 avril 2018

POINT KULTUR - Pas assez de pop allemande sur les radios allemandes?


Outre-Rhin, depuis plusieurs années, la question se pose : faudrait-il contraindre les chaînes de radio à diffuser de la musique allemande ? Artistes, hommes politiques et rédacteurs se disputent depuis vingt ans à propos de quotas légaux. Les partisans des quotas critiquent le fait que les chaînes de radio diffusent principalement de la musique anglo-saxonne, ce qui désavantagerait les musiciennes et les musiciens allemands, en particulier ceux de la nouvelle génération. Les opposants voient en revanche dans les quotas une forme de tutelle étatique et une entrave à la liberté de la radio.

Le groupe berlinois Element Of Crime rappelle l’existence d’un quota de 60% de musique d’origine allemande sous la dictature en RDA.

Les partisans des quotas se réfèrent souvent à la France où depuis 1994 les chaînes de radio accordent 60% du temps de diffusion à des productions européennes et 40% à la musique française, la moitié devant être consacrée aux nouveautés. Ces quotas sont encore aujourd’hui contestés en France.

En Allemagne, depuis février 2015, les Jeunes Chrétiens démocrates (Junge Union), demande « plus de musique allemande, en particulier plus de tubes » sur les ondes puisque l’industrie du disque produit de plus en plus de chansons allemandes depuis quelques années. La Junge Union propose donc un quota de 30 à 35% de musique allemande sur les ondes radio. En référence à Helene Fischer, la plus connue des chanteuses allemandes, on surnomme cette proposition le « quota d’Hélène ».

Dans les faits, les voix qui refusent les quotas se font plus nombreuses étant donné que la musique pop allemande est de toute façon en vogue aujourd’hui. Les statistiques confirment cette popularité : selon le rapport de la Fédération de l’industrie de la musique, huit des dix albums en tête du classement officiel annuel en Allemagne étaient en 2015 de la musique allemande, celle-ci représentant 60% du Top 100.


(Thorsten Glotzmann – Frankfurter Allgemeine Zeitung
Copyright: Texte : Goethe-Institut, Thorsten Glotzmann)