"La communication rationnelle est le meilleur moyen de sauver la société démocratique", tel était l'un des principes fondamentaux du philosophe allemand Jürgen Habermas mort le 14 mars dernier à l'âge de 96 ans (1929-2026).
Défenseur de l'Europe, théoricien du langage, penseur de l'écologie politique, héritier des Lumières, Habermas déjouait les catégories et a toujours cherché à faire valoir les capacités de la raison à reconstruire un monde meilleur, en dépit de tous les motifs - surtout de nos jours - que nous aurions de désespérer.Conseiller juridique et économiste, son père avait adhéré au parti nazi et lui-même fut conduit à adhérer aux Jeunesses Hitlériennes. Hanté plus tard par la responsabilité individuelle et collective de son peuple, il s'oriente vers des études de philosophie. En 1955, le philosophe et sociologue Theodor Adorno, un des maîtres de l'Ecole de philosophie de Francfort, le repère et en fait son assistant personnel.
A partir des années 1970, Habermas va déployer une pensée originale de la communication qui s'appuie sur la pratique du langage pour repenser l'ensemble des procédures démocratiques. Et face aux aux incertitudes qui plombent notre siècle, sa foi lucide en une "raison faible, faillible, mais non défaitiste" apparait aujourd'hui plus clairvoyante que jamais.

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