lundi 17 août 2026

Brecht, apôtre du "théâtre épique"


Il y a peu était célébré le 70e anniversaire de la mort d’un dramaturge célèbre qui a véritablement « dynamité » le théâtre allemand :

Berthold BRECHT (1898-1956 )
poète, dramaturge et metteur en scène.

Né à Augsburg, d’une famille bourgeoise,  Brecht est mobilisé comme infirmier en 1918. Et cette expérience de la guerre va l'amener à rejeter le patriotisme et les valeurs de la société bien-pensante. La guerre et ses horreurs auront une grande influence sur lui.  Dès 1928, il devient célèbre avec sa pièce L’Opéra de quat’sous (die Dreigroschenoper ) qui casse tous les codes du théâtre traditionnel allemand.

Acquis aux idées marxistes, il voit, à partir de 1930, ses pièces interrompues par les nationaux socialistes,
l'obligeant à s’exiler en différents pays d’Europe, puis aux États Unis pendant la période nazie.    Il ne reviendra en Allemagne qu’après 1945 pour sinstaller en Allemagne de lEst, à Berlin, où il fonde en 1949 le Berliner Ensemble avec son épouse Hélène Weigel, un théâtre qui abritera la troupe qu'il a constituée.

Brecht n'a jamais voulu faire oublier au spectateur quil est dans un théâtre, mais simplement lui faire prendre conscience de ce quil regarde. C’est ce quil appelle le  « théâtre épique », opposé au théâtre dramatique traditionnel. Le théâtre épique était une réaction contre d'autres formes populaires du théâtre, en particulier l'approche naturaliste.

Pour créer un effet de distance avec ce que voit le spectateur, Brecht utilise plusieurs procédés :

  • les acteurs peuvent sadresser directement au public ;

  • des chansons interrompent laction ;

  • des panneaux annoncent ou résument les scènes ;

  • les décors peuvent rester volontairement visibles ;

  • l’acteur ne cherche pas toujours à « devenir » son personnage ;

  • certaines scènes sont racontées plutôt que jouées de manière réaliste.

Le but de Brecht n’est pas de supprimer l’émotion, il souhaite que l’émotion n’empêche pas la réflexion.

On retrouve dans le théatre de Brecht des influences marxistes certes, mais aussi celles du théâtre chinois, du cabaret, de la musique populaire et des avant-gardes européennes.

Source : en collaboration avec Jean Belliato


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Votre avis sur cet article :