G. W. Pabst (1885/1967) est un célèbre metteur en scène allemand de l’entre-deux-guerres. On lui doit des films comme Loulou, ou l’Opéra de Quat’sous. Le film de 1932 dont il est ici question, "Kameradschaft" dont le titre français est "La Tragédie de la mine" évoque la camaraderie entre ouvriers des deux côtés du Rhin à l'occasion d'un accident dramatique.
Le parti nazi qui affirme son racisme et la revanche sur la France est
devenu en juillet 1932 le premier parti allemand aux élections
législatives au Reichstag. C’est pour pousser un cri d’alarme que Pabst réalise ce
film autour de la solidarité entre travailleurs en danger qui va plus
loin que la différence de nationalité. .../...
L'histoire : un terrible coup de grisou piège dans les profondeurs d'une mine de nombreux mineurs français. Les secours ont du mal à parvenir. Alors des mineurs allemands passent par les galeries en sous-sol, enlèvent une grille et parviennent à porter secours à leurs camarades français. Dans une atmosphère de soulagement et de réconciliation, les travailleurs allemands et français se réjouissent tous ensemble. Mais, les autorités des deux pays referment vite le passage souterrain qui symbolise la frontière : la grille est remise en place…
Le film de Pabst est directement inspiré de faits réels qui datent de vingt-cinq ans auparavant : le drame de Courrières (mars 1906) qui est sans doute la pire catastrophe industrielle qu’ait connue la France puisque le nombre de victimes s’établit à 1099 morts.
Le film fait parler les protagonistes chacun dans leur langue pour montrer que la barrière linguistique n’est pas un obstacle. Mais la fin du film est interrogative : cette grille qui est refermée est-elle un tragique pressentiment ?
Vous trouverez un extrait du film version allemande ICI et de la version française ICI .
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Votre avis sur cet article :