vendredi 21 mars 2025

Un philosophe trop méconnu : Johann Gottlieb Fichte (1762-1814)

En ces temps où l'ombre d'affrontements entre nations se fait plus pesante dans le monde et où les nationalismes les plus exacerbés, teintés du populisme qui les accompagne, se manifestent sans vergogne,  il est un philosophe allemand qui mérite qu'on le (re)découvre...

Johann Gottlieb Fichte, né en 1762 en Saxe, et mort en 1814 à Berlin, restera pour la postérité l'auteur de ses fameux "Discours à la nation allemande" rédigés en 1807 et 1808, en pleine occupation napoléonienne de la Prusse après la victoire des armées françaises à Iéna (1806).  Ces écrits font le procès de Napoléon, accusé d'avoir trahi les idéaux de la Révolution française. Fichte y prône la constitution d'une nation allemande démocratique.

Dans ses "Discours...", Fichte invite les Allemands à un profond renouvellement moral et culturel. Même privé de forme politique propre, le peuple peut encore lutter en s’exprimant à partir de sa tradition, en se cultivant, en créant.   .../... (voir suite)

 

Certaines critiques ont cru voir dans les "Discours..." se profiler celui de Nietzsche sur la morale des seigneurs, dont les vertus sont d’abord liées au pouvoir archaïque sur le territoire, une morale guerrière. En fait, on trouve chez Fichte une tentative de concilier la citoyenneté universelle et le sentiment national.

 Comme il le rappellera dans ses Discours, Fichte est un Allemand qui s’adresse aux Allemands dans une situation de crise. Pour parvenir, selon lui, à une universalité, l'idéal est de travailler à partir de la situation de chacun en formant une culture nationale dont la visée est de s’étendre au genre humain. Cette culture est un point de départ et non une fin en soi. Elle est appelée à être dépassée dans la rencontre des autres cultures nationales.

Vous pouvez voir et écouter une très intéressante analyse des "Discours" ICI...

L’objectif de Fichte est de combattre un nationalisme géographico-ethnique pour lui opposer un nationalisme culturel et populaire à visée universaliste. 

Hegel, que l'on tient pour le fondateur de la philosophie moderne de l'histoire, aura une telle conscience de sa dette à l'égard de Fichte qu'il demandera à être enterré à côté de lui.

 

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